15/02/2008

Nobody knows

On voudrait que ce film ne soit pas réaliste, hélas, il l’est.
Un monde cruel vécu par des enfants. Personne ne le sait : quatre enfants non scolarisés doivent se cacher dans leur appartement, parce qu’ils ne constituent pas la « famille idéale » suivant les critères japonais (un père, une mère, un enfant).

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Pour trouver un logement décent, la mère célibataire se présente avec son seul fils aîné. Les autres arriveront incognito recroquevillés dans des valises.
Cette mère égoïste, femme-enfant va et vient et finit par ne plus revenir.
Akira, le fils aîné de douze ans, adulte avant l’âge revendique parfois le droit d’être un enfant comme les autres. Les trois autres enfants sont éclatants de vie et d’authenticité.

Le mensonge, le vol, la prostitution, l’abandon, l’indifférence : tout cet univers est ressenti par ces enfants complètement livrés à eux-mêmes.

Tout se passe relativement bien depuis le départ de la mère, jusqu’au moment où l’argent vient à manquer : coupure de l’eau en pleine canicule, de l’électricité… et le drame qui passera inaperçu aux yeux de la société.

De dénouement il n’y en a pas, la vie continue, comme toujours.
Mais cette fin nous laisse pétrifiés par ce que nous avons vu et ce qui reste à venir.
Horrible société qui est aussi la nôtre.

Des images débordantes de vie, les émotions de l’enfance, la maturité de très jeunes enfants, une superbe mélodie japonaise : tout est juste, tout est intériorisé.

La grande ville paraît si vide et ces enfants si démunis mais tellement attachants.

Quelques personnages pleins d’humanité aident comme ils le peuvent ces enfants abandonnés, mais la société cruelle est plus forte.

Les enfants se taisent et font preuve d’une grande dignité : « Si je vais à la police, on nous séparera » dit Akira. Il pense que leur amour fraternel pourra tout sauver. Cet amour tellement grand, tellement courageux se heurte à la dure matérialité des choses.

Une belle photographie avec des visages d’enfants très expressifs, de la joie à la peine, du rire enfantin au sérieux des adultes.
Enfants tellement vrais, tellement émouvants qu’on voudrait les serrer dans les bras et les cajoler comme les siens !

Un film lent et long comme la vie de ceux qui souffrent.Un film qui vous prend aux tripes.

 Nobody knows (2004) réalisé par Kore-Eda Horokazu (Japon) 

11:10 Écrit par Saravati dans Cinéma | Commentaires (0) | Lien permanent

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