09/02/2008

Pas que Saint Valentin dans la vie du couple

Un briseur de couples : le ronflement.
 
On a beau aimer la santé de ses cheveux vigoureux, la couleur de ses yeux, le rayonnement de son sourire, la douceur de sa voix ou la sveltesse de sa silhouette. Avec les années, même si les cheveux deviennent rares ou gris, les yeux cachés derrière de gros verres grossissants, le sourire plus volatil, la voix plus agressive, la taille plus enveloppée, il reste malgré tout dans la mémoire bienveillante, la représentation (parfois éloignée) de votre grand amour.
Je parle ici au sens poétique/romanesque/ historique du mot amour : petites fleurs qui rappellent les fragrances de l’être aimé, petits cœurs qui font ploc ploc, petits Eros angéliques qui lancent des fléchettes parfumées, petites attentions délicates qui attestent de la connaissance intime de l’autre.
Les habitudes viennent parfois engluer ces beaux mécanismes d’attirance. Les divergences de vues contrarier ce bel unisson.

Mais ces petits « incidents de parcours » ne sont rien à côté du pire ennemi de l’harmonie conjugale : le ronflement.
 
Bien sûr, il existe des originaux qui savourent le plaisir de ce bruit familier, telle cette femme qui déclare : « Moi, j'ai toujours eu des hommes qui ronflaient plus ou moins et j'ai toujours aimé ça. C'est comme un chat, ça me berce, ça me rassure. » Peut-être a-t-elle les portugaises partiellement ensablées !
 
Le ronflement empêche toute intimité quand il vient vous tenailler l’oreille au milieu de la nuit.

Celui qui ronfle n’a pas un sommeil réparateur et empoisonne le sommeil de son « conocteur » (sa « conoctrice ») qui se réveille en sursaut, effrayé par ce râle profond ou cette scie qui grince inlassablement.

Les sifflements, les coups de coude, le bouchage du nez ne font que provoquer l’irritation du dormeur qui interrompt sa mélodie laquelle n’est certes pas une mélodie du bonheur.
Des grognements féroces peuvent accompagner ces tentatives d’approches et le ronfleur risque de vous insulter quand ses rêves (de grandeur ou érotiques) sont méchamment interrompus par une douleur indéterminée, un bruit indélicat ou un manque d’oxygène inopiné.

L’insomniaque pour cause de pollution par le bruit est parfois tellement excédé qu’il peut en venir à pousser vivement son partenaire et même à le faire tomber du lit. Il faut alors espérer que le dormeur méchamment secoué a le sommeil si pesant qu’il n’ouvrira même pas les yeux ou s’il se réveille, qu’il avait l’intention de se lever du bon pied. Sinon vive les représailles.
Il ne reste plus au bourreau, pour se faire oublier, que la solution de l’exil vers le canapé avec, confort oblige, oreiller sous le bras.
 
D’un point de vue médical, la situation peut être catastrophique quand le seuil audio du ronflement frise les 90 décibels et ce, 6 heures sur 8, beau record de longévité du bruit ! Ce qui correspond à la douce musique d’une discothèque aux heures de pointe ! Pour un peu, on se croirait à la gare de Lyon aux heures d’affluence ! Ou sur la piste de décollage d’un aéroport !
 
Le fossé entre sexes en ce qui concerne la fréquence de ronflement s’amenuise avec l’âge et il est fort probable qu’une femme de cinquante ans n’aurait rien à envier aux hommes dans cette discipline.
 
Certains couples forment à eux seuls un magistral concert de ronflement ;  parfois les instruments  travaillent ensemble, parfois c’est lui en solo, parfois c’est elle. Ces musiciens d’un genre particulier peuvent être polyvalents et jouer avec virtuosité tantôt de la trompette, du trombone ou de la grosse caisse. On  peut cependant espérer qu’ils soient réciproquement imperméables à leur musique respective. Sinon surgissent de nouveaux conflits.

Des solutions, il y en a plein et il n’y en a pas vraiment.

Chez les aristrocrates aux vastes demeures ou dans les maisons où les enfants ont quitté le cocon familial, reste la possibilité de faire chambre à part : c’est la seule solution radicale non médicale : l’isolement ou l’auto-mise en quarantaine.
Bien sûr cette perspective ne résoud pas les problèmes de santé liés au phénomène du ronflement mais le partenaire (à condition qu’il ne soit pas lui-même un ronfleur invetéré) retrouvera la paix du sommeil et l’espace d’un lit sans risque de collision.
 
Malheureusement l’exiguïté des appartements modernes et modestes ne permet pas toujours cela et il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur, s’armer de patience ou devenir sourd.
 
Le couple risque alors de se désagréger faute de se ressourcer.
 
Voilà donc dans toute sa splendeur un motif de divorce.
Mais si vous l’invoquez pour aller voir ailleurs, à moyen terme cela ne vous servira pas : les mêmes obstacles à l’harmonie du couple renaîtront, certes, avec un partenaire différent, certes dans un environnement autre.
Qu’importe, le ronflement qui s’est attaché à vous est devenu partie prenante de votre personnalité. Il ne vous ne vous lâchera plus.

ronflement-blog-def

20:52 Écrit par Saravati | Commentaires (1) | Lien permanent

Commentaires

Il y a du vécu la-dedans ...
Pour les conjoints qui ne veulent ( où ne peuvent) dormir à un autre endroit, il reste les boules Quies .

Écrit par : Nadette | 13/02/2008

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