14/01/2008

« Ma fille » : format compacté

Non je n’aime pas exposer mes richesses et les enfants font, bien sûr, partie de mon patrimoine. Je n’ai pas non plus honte d’avouer que je n’ai pas vraiment travaillé au dépeuplement de la planète.
 
Est-ce par économie d’énergie, par paresse ou par lassitude : lorsque dans un groupe constitué où je viens de m’intégrer, je parle de ma famille j’ai tendance à « styliser » la représentation de mes enfants.
 
Il est vrai que lorsque l’on n’a qu’un ou deux enfants (de préférence de sexe opposé, un assortiment idéal qui ne demande pas d’extension !), il n’est pas nécessaire de simplifier : c’est lui ou c’est elle, c’est mon fils, c’est ma fille, avec ses caractéristiques propres et limitées.
 
Mais lorsque les hasards de la vie vous ont ramené quatre filles toutes différentes tant psychologiquement que sur le plan physique, que vous avez — avec la confusion mentale due à  l’âge et aux préoccupations quotidiennes ou métaphysiques — tendance à mélanger leurs prénoms (« horreur, comment peux-tu te tromper de nom, je suis une personne à part entière »), quand vous en avez marre, à force d’erreurs, de spécifier « c’est elle, non c’est elle, ah je me suis encore trompée », vous pouvez prendre des libertés avec la réalité historique et gommer quelques détails « mineurs » d’identification pour alléger le discours et ne pas vous perdre en conjonctures.
 
C’est ainsi que dans mes conversations avec des proches pas trop proches, chacune de mes filles est devenue « ma fille », un concept plutôt qu’une personne bien définie.
 
Je n’ose imaginer l’étonnement de mes interlocuteurs qui ont de la mémoire : « ma fille » doit avoir des capacités inouïes et des défauts super variés,  « ma fille » a vécu un nombre incroyable d’anecdotes !
 
Pour peu ils doivent me prendre pour une cousine de Marius avec sa propension à l’exagération, eh non je ne suis pas de Marseille, pourtant !
Non, ce n’est pas vrai que je prends dans chacune de mes filles, ce qu’il y a de meilleur pour en faire un personnage unique exceptionnel ! Et mes propos globalisants dénotent toujours une pointe de vérité.

Je termine ici mon acte de contrition, si j’ai péché ce n’est pas par ruse ou par tromperie, mais, je le répète, par souci d’énergie.
Ce que je vous ai confié pour soulager ma conscience doit rester entre nous. N’en parlez surtout pas à « ma fille » quelque soit la facette qu’elle pourrait vous présenter.

11:24 Écrit par Saravati dans Images personnelles | Commentaires (2) | Lien permanent

Commentaires

Oui j'ai le même problème avec "ma soeur". Tout le monde me dit "mais tu n'arrêtes pas de parler de ta soeur!!". Jusqu'au jour où ils comprennent que j'en ai 3...

Écrit par : clelia | 15/01/2008

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:-)
j'adore

Écrit par : virginia | 15/01/2008

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