20/12/2007

En attendant la renaissance

J’aurais voulu que la souffrance soit une herbe caduque,
qu’elle disparaisse pour un temps, voire pour toujours,
qu’elle m’oublie, moi et mes petits soucis secondaires.

Mais il était écrit qu’elle était une plante vivace,
englobant tout sur son passage
malgré quelques brefs moments d’accalmie.
Il fallait la bercer tard dans la nuit comme un enfant malade,
essayer de l’endormir par des paroles douces.

Parfois elle feignait momentanément l’oubli,
allant voir ailleurs si d’autres terrains
plus favorables à son épanouissement se présentaient à l’horizon.
Mais à l’aube quand la fièvre se dissipe avec les premières rosées,
elle revenait lancinante et sourde me tirant de ma léthargie.

Aujourd’hui, ma souffrance n’est plus qu’un souvenir fugace
dans la vie qui m’a quittée,
j’ai perdu la conscience de mon corps,
je ne suis plus qu’un amalgame de pensées furtives.
Et il m’arrive de regretter le temps des petits bobos,
des maux fulgurants, torturants ou des angoisses existentielles.

Maintenant la seule douleur est le vide et l’absence.

00:55 Écrit par Saravati | Commentaires (1) | Lien permanent

Commentaires

Merci! Ce texte et vraiment très beau; beauté baudelairienne de la douleur? En tout cas, la douleur est une plante amère qui dévore... c'est aussi la preuve ultime qu'on est encore en vie! Bravo pour cette méditation sur la souffrance... La lire fut, paradoxalement, un plaisir.

Oui, je confirme, Saravati, je tiens maintenant deux blogs; le deuxième -je le considère comme un recueil d'instantanés, de pensées intimistes, peut-être...
Je te souhaite une bonne fin de week-end!
bises
Géraldine

Écrit par : MULLER Geraldine | 31/01/2010

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