28.07.2010
Anniversaire

Cet anniversaire, le mien, ici, à l’autre bout du monde, écrasée par la beauté majestueuse d‘une nature encore vierge, cet anniversaire, peut-être le dernier, j’aurais tellement voulu que tu me le souhaitas, toi seul, toi seulement, la première et la dernière fois, avant que tu disparaisses à jamais dans les méandres de ma mémoire, rendant à notre histoire son caractère initial de non-existence.
Et de cela aussi, tu ne sauras rien, de cela et de tous ces petits riens qui me reliaient à toi à travers les filets fragiles de mon imaginaire.
Cet anniversaire, je l’ai vécu comme tant d’autres, comme tant d’autres jours passés ou à venir, dans la plus froide indifférence.
23:07
Ecrit par Saravati
dans Dérives fictionnelles |
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23.07.2010
Toucher de matière

La matière est belle
Pour qui sait en saisir
la délicate texture
Sous les aspérités
Son profil devient lisse
Prêt à recevoir la caresse des mains
09:30
Ecrit par Saravati
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Une façon de voir

Comment ai-je mis tant de temps à comprendre ?
Cette percée de lumière n’était qu’un vertige...
(voir la suite là )
09:12
Ecrit par Saravati
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19.07.2010
Pastèque

Il faisait si chaud
Les corps délayés n’étaient plus que des gorges de sueur
Torride
Les murs moites traçaient
De longues trainées d’ombre basanée
La pastèque éventrée gisait, cachée dans un coin de la chambre
Pas de frigo
Pas de fraîcheur
Comme le fruit d’un quelconque méfait
Gigantesque, elle n’avait pu s’engloutir
Dans nos bouches gourmandes
À la pulpe du fruit
Nous préférions nos baisers
Nous nous dévorions goulûment entre deux tranches roses
Dans les plis poussiéreux
Des tentures délavées
Les fourmis noires
Sur le chien assis brûlant
Attendaient leur heure …
12:33
Ecrit par Saravati
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15.07.2010
Anny Balde
Anny Balde, avec son chignonlaid dressé sur le haut de la tête, comme un nid attendant la prochaine couvée, parlait l’anglais avec un accent alamand ou un cousin germain.
Elle nous imposait the first men in the moon. Chacune semaine, chacun son tour devait réciter une page entière sans improvisation aucune, de ce récit aux termes barbares. Anglais scientifique de notre ami H.G. qui cessa très vite pour cette même raison d’être notre ami.
Chaque intervention était chronométrée au millième de seconde.
Hannibal (rebaptisée ainsi pour la postérité, bien qu’elle n’eut aucune affinité avec les éléphants) tapotait nerveusement le cul de son crayon sur le bureau quand l’heure du gong final arrivait
Nous suions à grosses gouttes dans l’attente du déshabillage verbal.
Elle appelait les élèves dans un ordre secret connu d’elle seule
Et nous cotait sur notre faculté de retranscrire sans aucune imagination les paroles de l’auteur. Les bafouillages étaient fréquents, les trous de mémoire aussi… elle corrigeait et soupirait d'un air agacé !
Ah, j’en ai rêvé des Sélénites, de leurs yeux globuleux et de leurs grandes antennes …
Mais comme elle fut pas mon premier contact avec la langue de Shakespeaure, elle n’arriva pas à me dégoûter de l’anglais. Je dois dire que j’avais une excellente mémoire (de perroquet) et que je faisais l’effort surhumain de chercher dans le dictionnaire le vocabulaire que je ne connaissais pas, histoire de ne pas mourir idiot et ignorant !
J’ai revu Anny Balde longtemps après.
A 16 ans, je la trouvai si vieille, tout être qui a dépassé la quarantaine (même moins) a atteint les sommets du grand âge.
Elle n’avait pas changé d’un pouce, le chignonlaid était toujours dressé sur sa tête, comme un coq au milieu d’une basse-cour.
Avait-elle intégré le secret des Sélénites et découvert le sérum de jouvence tardive ?
21:29
Ecrit par Saravati
dans Images personnelles |
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14.07.2010
Tsunami
Pardon à mes zenmables lecteurs pour cet espace tout chamboulé, ces mauvais caractères qui ont rétréci, ces grands blancs qui mangent l'espace et que je dois corriger au fouet d'une façon artisanale quand l'âne accepte la carotte !
08:21
Ecrit par Saravati
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10.07.2010
Inspiration

C’est une blague ?
Pas d’inspiration, toi ?
Je te lis et te redécouvre
Chaque fois.
Tes mots tombent souples et effilés
Tes pensées s’enchevêtrent
Dans un labyrinthe mordoré.
Que n’ai-je hérité de la hardiesse de ton style
De la palette de tes idées
De ce brouhaha de paroles qui jaillissent en se multipliant
Ah, j’aime tes mots qui s’évertuent en phrases de construire
De si belles demeures
Tu vois, c’est contagieux
Le brouhaha m’a atteint en plein dans le mille.
De cette blessure vivifiante
Des gouttes de mots ont déversé
La présente complainte.
Accorde-moi simplement un peu d’indulgence
Pour cette immaturité qui ne demande qu’à exploser
à une amie qui se reconnaitra !
20:44
Ecrit par Saravati
dans Regards |
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07.07.2010
Dans un seau

La planète
dans un seau
évacue toutes les tensions du monde.
L’univers se forme sous mes yeux.
Création d’une glaciation qui s’effrite
Les mers se diluent et les terres
s’étalent
ou disparaissent
Ce soir
Je suis le roi d’un monde
Qui n’appartient qu’à moi
11:45
Ecrit par Saravati
dans Contours insolites |
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03.07.2010
Bassesse

Sa bassesse était tellement haute
Elle n’arrêtait pas de se hisser au
Sommet du mât
Où ses mots sifflaient comme des gifles au vent
Tout était faux
en lui
Ses mots coupants
tombaient en rafale
Et pourtant
Je l’avais aimé
avant de savoir …
dans les volutes fumeuses
des premiers rires
dans les attentions
qui se dressaient, spontanées
comme les premiers bourgeons
Cette année-là
il n’y eu ni printemps
ni hiver
quelques brumes tardives enivrées
d’automne
Puis les giboulées versatiles
Pressées d’en finir au plus vite !
Et lui Maître du temps
tout enrobé
de sa bassesse en cours de mât
S’amusant de me voir souffrir
Comme un insecte qu’on écrase !
17:45
Ecrit par Saravati
dans Contours insolites |
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30.06.2010
Tu prendras bien un pot ?
Tu prendras bien un pot ?
C’est d’actualités
Parce qu’en ce moment
Je la remplis, ma déclaration d’impôts.
Je remplis des petites cases au hasard des caprices des chiffres.
J’aimerais mélanger des dés
Et construire des nombres
Que je pourrais déposer au hasard sur les feuilles austères.
Mais que d’ennui
Que cet exercice de citoyenneté servile !
Alors, je jette les dés dans l’égout
On se le prend, ce pot ?
Les petites cases, la nuit, quand je dormirai
Sortiront de leur cercueil
Et danseront comme dans Casse-noisette
Au gré des courbures
Des nuages
Le matin, je retrouverai les feuilles austères
Chiffonnées, piétrinées, gribouillées
Prêtes à l’envol vers le grand sceau !
12:42
Ecrit par Saravati
dans Personnel extensif |
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27.06.2010
De la lune au vent

L'est belle, la lune, que dis-je, Dame la Lune.
L’est belle avec sa robe de velours bleue au col blanc de dentelles décalées, éclairée par son reflet de poisson d’argent.
Elle penche la tête vers l’autre boule, l’autre bleue, celle qui découpe sur son gros ventre en ballon, des sillons tourmentés.
Change de position bien souvent pour déjouer les pièges. Les pièges du sieur le Vent, celui qui ne se couche jamais, celui qui voudrait diriger les marées à sa place, les faire hautes ou basses suivant ses sautes moutonesques d’humeur.
Car sieur le Vent a ses humeurs et nul plus que lui n’est pro-fête en sa demeure.
Il rit sur les champs dorés et l’instant d’après les a dévastés et de vastes, c’est comme s’ils étaient devenus étroits, séparés par ce coiffeur colérique en grandes raies échevelantes, avec des épis fantaisistes et branlants.
Il veut en paraître à Dame la Lune, elle, constante, tranquille. Sauf les nuits où elle se remplit des vapeurs du ciel et fait chanter les loups. Gare aux loups, alors, à l’orée aussi, car de chasseurs, ils deviennent enchâssants.
Dame la Lune aime le chant des loups, le hurlement des chiens quand sa douce rondeur blanche exhale ses bouffées de chaleur mystérieuses.
Alors le monde tourne à l’envers, les enfants disputent, les jeunes filles s’apeurent, les hommes se retournent en vain sur leurs couches à la recherche d’un sommeil aléatoire.
Les fœtus se contorsionnent dans le placenta étriqué, cherchent la porte de sortie qui signifiera la fin de la paix fusionnelle.
Les familles aux abois se déchirent, les chiens aboient à émouvoir les cigales en hibernation.
Le cœur de la terre palpite prêt à s’ouvrir sur le magma bouillonnant.
Mais rien ou si peu ne se passe au seuil de la réalité du monde revu et corrigé par la lumière lunesque. Ce ne sont que soubresauts d’imagination torturée dans son rythme habituellement falot.
Dame la Lune, si pleine, si belle, si blanche et jaune, fait clignoter ses yeux fripons et peu à peu dilue ses contours pour rendre à la planète bleue sa pseudo-sérénité.
Dans les villes, pourtant, où grouillent les foules insomniaques, dans les masures où le moindre écart de paroles provoque des éboulis de confiance, rien n’a changé ou si peu. Le potentiomètre de l’intensité des émotions a simplement secoué davantage sa petite aiguille désordonnée.
Les souris, au son cadencé des proverbes, continuent à danser entre les doubles parois des murs opaques.
Sieur le Vent se demande encore quelle sera la tournure que prendra sa prochaine âme-humeur : calme plat, modérée, assez forte, impétueuse, tempétesque, ouragane, typhonnesque, moussonneuse …l’éventail du gris blanc au gris moire peut se décliner en mille plissures.
Tout est bon à envisager, à prendre quand on croit avoir la maîtrise de ses propres éléments.
(pardon pour le photo, que j'ai eu du mal à poster et qui apparaît ou disparaît selon les caprices lunaires ...je vais voir ce que je peux faire -rien sans doute - attendre - rester calme ...)
21:52
Ecrit par Saravati
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