Tout briser avec des mots, sans savoir comment ils sont arrivés, comment ils ont envahi tout l’esprit et sont sortis comme un train sort d’une gare, machinalement sur des rails prédéterminés, peut-être pas au bon moment, peut-être pas pour une bonne destination.
Simplement un alignement de wagons pleins de mots houilleux de rage ou transparents d’indifférence.
Des mots à la vie autonome mais que l’on a cultivés dans un champ de mines pour qu’ils vous explosent à la figure au premier frottement contradictoire
Des mots qui ont étouffé leurs compatriotes aux contours raffinés, délicats, doucereux pour mieux prendre leur place en première classe, rutilants et braillards
Les fissures se regardent avec méfiance. Toi, la première. Non, toi. En chiens de faience !
La petite madone blanche et bleue dans sa niche au bout du mur en perdition, attend un évènement qui la sortira enfin de sa torpeur séculaire.
Rien ou presque ne bouge. En apparence.
En attendant qu’un homme ou une bête ne passe ici le bout de son nez ou de son museau, par curiosité ou par hasard, et reçoive en prime quelques briques fêlées sur le crâne. Ça fera mal, c’est sûr.
Et la petite madone, pour la première fois de son existence de plâtre, éclatera de rire !
Derrière tous ces mots faussement acides que l’on se lançait à la figure, on devinait une forme de tendresse inavouée. La colère grimpait à son paroxysme et retombait sous un voile de douce lucidité.
Je restais assise, souriant à ces mots auxquels nous avions donné vie si prenante, l’espace de quelques minutes.
Je n’aurais pas pu dire pourquoi nous nous étions ainsi accrochés : le hasard, les ondes, l’humour, un ressenti inhabituel, la connivence de la bagarre, le goût du spectacle aussi.
Oui, ces mots restaient en moi, persistance rétinienne recherchée. Certaines phrases me trottaient dans la tête comme une mélodie qui vous colle et dont on ne parvient pas à se débarrasser.
Mais, surtout, c’était cette volonté de ne pas avoir envie de le faire qui me faisait peur…
Au milieu du brouhaha, son regard presque vide a accroché le mien. Un sourire. Réciproque. Je lui parle dans sa langue qui n’est pas la mienne. Ai-je baragouiné ? Son sourire s’élargit. Des sons s’évadent de sa bouche qui rit. Syllabes incohérentes. Mes yeux interrogent, ma bouche aussi. Elle le sent, répète, s’impatiente.
Et puis, un voile de tristesse obscurcit le gris de ses yeux clairs. Elle se jette dans mes bras, je la serre, la berce, caresse ses cheveux soyeux aux fins reflets d’or.
Je voudrais, sans rien brusquer, faire tomber les barrières qui séparent nos niveaux de compréhension. Essayer et essayer encore, formuler, reformuler.
Le visage en face, au-delà du sourire, continue d’imprimer la tristesse.
Je lui dis : « Tu es mon amie ». Elle sourit encore, je lis sur ce visage toutes les nuances des sourires spontanés.
Elle se serre davantage contre moi. Elle me montre des choses qu’avec mon background d’adulte, je n’arrive pas à voir, me dit des mots que je n’arrive pas à structurer.
L’espace d’une rencontre, elle a voulu me faire partager son monde. Je n’y suis pas parvenue.
Elle a quatre ans, je ne connais d’elle que l’ombre de son visage et son infini besoin de tendresse.
Merci à toi, Brigitte, du coeur de ton "Paradis bancal » tant apprécié de m'avoir décerné cet awesome blogger.
Sache que cette mise en exergue me désempare un peu !
Alors je joue le jeu et le fais passer à mon tour. Voici les règles, en six temps : 1 Remercier celui qui te l'a donné 2 Copier l'award 3 Le poster sur son blog 4 Dire sept choses que tes lecteurs ne savent pas sur toi 5 Mettre les liens de sept bloggeurs 6 Les prévenir qu'ils ont gagné un award à leur tour
Des choses de moi ...
1. Je n’aime pas les chaînes quelles qu’elles soient mais il en est de douces et qui étranglent avec délicatesse.
2. Je ne m’attendais pas à cela, le lundi de bon matin, j’avais décidé « journée relâche blog » justement. Je suis donc bien velléitaire de m’atteler à cette tâche. 3. Je viens de retomber dans ma passion de jeunesse : la photo et je galère avec la photo numérique à en attraper des boutons ! J’aime aller, seule, me perdre pour capturer des segments de vie à travers mon œil focal. J’illustre parfois des textes par une photo, mais pas de manière systématique et je mets un temps fou à choisir « l’élue ».
4. J’ai ouvert ce blog parce qu’on m'y a poussée et je suis bien empêtrée dans la toile maintenant. Parfois, j’ai envie de me détoiler. A part les membres proches de ma famille, personne dans mon entourage ne connaît ce coin de ma vie. Mais j’ai fait ici des rencontres impressionnantes.
5. Je n’aime pas parler de moi et rares sont les personnes à qui je me suis confiée. Je cultive mon jardin secret bien mieux que mon lopin de terre ! Cette brèche dans mon univers n’est que passagère.
6. J’écris sans me poser de questions sur le pourquoi, plus par pulsion, quand ça me prend, des choses qui me ressemblent ou mieux qui ne me ressemblent pas et ça m’amuse ou ça m’énerve, selon l’humeur du jour, que l’on pense que c’est autobiographique.
7. Si ce que j’écris vous amène un soupçon d’émotion, un sourire ou un zeste de quelque chose d’indéfinissable, je n’aurai pas perdu mon temps à retaper maladroitement mon texte sur ce clavier. Sinon, pardonnez-moi de vous avoir fait perdre le vôtre …
Donner sept bloggeurs préférés, ils sont dans les liens :
Une envie soudaine de retrouver ces merveilleux espaces !
Mari Boine, chanteuse norvégienne à la voix profonde, construit un pont entre le chant traditionnel de son peuple sàmi, le pop-rock, avec des accents de musique indienne d'Amérique du Nord et des textes engagés.
Une orchestration où se mêlent flûtes, guitares électriques et tambours.
Il ne manque que ces paysages qui une fois rencontrés, restent imprégnés dans la mémoire !
Hormis des photos de films, les photos incluses (au demeurant peu nombreuses car ici je privilégie l'expression écrite à l'image) dans ce blog sont des photos personnelles. Après avoir particulièrement affectionné l'argentique en noir et blanc, je me suis procuré un appareil photo numérique. Depuis un an mais avec beaucoup d'interruptions faute de temps, nous nous regardons en chiens de faïence ... j'espère pourtant un jour l'apprivoiser...Quant à mon fidèle compagnon argentique relégué dans un coin, je ne l'oublie pas...
Rencontres bloguestes
Ils m'ont un jour touchée, ou amusée; je vous invite à les rencontrer.
Voici parmi d'autres :