28.07.2010

Anniversaire

f sur rocher cad MG_2876DEF).jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet anniversaire, le mien, ici, à l’autre bout du monde, écrasée par la beauté majestueuse d‘une nature encore vierge, cet anniversaire, peut-être le dernier, j’aurais tellement voulu que tu me le souhaitas, toi seul, toi seulement, la première et la dernière fois, avant que tu disparaisses à jamais dans les méandres de ma mémoire, rendant à notre histoire son caractère initial de non-existence.

Et de cela aussi, tu ne sauras rien, de cela et de tous ces petits riens qui me reliaient à toi à travers les filets fragiles de mon imaginaire.

Cet anniversaire, je l’ai vécu comme tant d’autres, comme tant d’autres jours passés ou à venir, dans la plus froide indifférence.

23.07.2010

Toucher de matière

 

tron couché mur IMG_7194 DEF.jpg

 

La matière est belle
Pour qui sait en saisir
la délicate texture

Sous les aspérités
Son profil devient lisse
Prêt à recevoir la caresse des mains

Une façon de voir

lune branches rose  IM 11803  def.jpg

 

Comment ai-je mis tant de temps à comprendre ?

Cette percée de lumière n’était qu’un vertige...

(voir la suite là )

 

19.07.2010

Pastèque

 

morceau bois IMG_3215  541).jpg

 

Il faisait si chaud

Les corps délayés n’étaient plus que des gorges de sueur
Torride

Les murs moites traçaient
De longues trainées d’ombre basanée

La pastèque éventrée gisait, cachée dans un coin de la chambre
Pas de frigo
Pas de fraîcheur
Comme le fruit d’un quelconque méfait
Gigantesque, elle n’avait pu s’engloutir
Dans nos bouches gourmandes

À la pulpe du fruit
Nous préférions nos baisers
Nous nous dévorions goulûment entre deux tranches roses

Dans les plis poussiéreux
Des tentures délavées
Les fourmis noires
Sur le chien assis brûlant
Attendaient leur heure …

15.07.2010

Anny Balde

sphère argentéeNB  image11592 def.jpg

 

Anny Balde, avec son chignonlaid dressé sur le haut de la tête, comme un nid attendant la prochaine couvée, parlait l’anglais avec un accent alamand ou un cousin germain.


Elle nous imposait the first men in the moon. Chacune semaine, chacun son tour devait réciter une page entière sans improvisation aucune, de ce récit aux termes barbares. Anglais scientifique de notre ami  H.G. qui cessa très vite pour cette même raison d’être notre ami.

Chaque intervention était chronométrée au millième de seconde.
Hannibal (rebaptisée ainsi pour la postérité, bien qu’elle n’eut aucune affinité avec les éléphants) tapotait nerveusement le cul de son crayon sur le bureau quand l’heure du gong final arrivait

Nous suions à grosses gouttes dans l’attente du déshabillage verbal.
Elle appelait les élèves dans un ordre secret connu d’elle seule
Et nous cotait sur notre faculté de retranscrire sans aucune imagination les paroles de l’auteur. Les bafouillages étaient fréquents, les trous de mémoire aussi… elle corrigeait et soupirait d'un air agacé !

Ah, j’en ai rêvé des Sélénites, de leurs yeux globuleux et de leurs grandes antennes …

Mais comme elle fut pas mon premier contact avec la langue de Shakespeaure, elle n’arriva pas à me dégoûter de l’anglais. Je dois dire que j’avais une excellente mémoire (de perroquet) et que je faisais l’effort surhumain de chercher dans le dictionnaire le vocabulaire que je ne connaissais pas, histoire de ne pas mourir idiot et ignorant !

J’ai revu Anny Balde longtemps après.
A 16 ans, je la trouvai si vieille, tout être qui a dépassé la quarantaine (même moins)  a atteint les sommets du grand âge.
Elle n’avait pas changé d’un pouce, le chignonlaid était toujours dressé sur sa tête, comme un coq au milieu d’une basse-cour.

Avait-elle intégré le secret des Sélénites et découvert le sérum de jouvence tardive ?

14.07.2010

Tsunami

Pardon à mes zenmables lecteurs pour cet espace tout chamboulé, ces mauvais caractères qui ont rétréci, ces grands blancs qui mangent l'espace et que je dois corriger au fouet d'une façon artisanale quand l'âne accepte la carotte !

08:21 Ecrit par Saravati Lien permanent | Envoyer cette note |  Facebook

10.07.2010

Inspiration

feu d'artifice image4684 def

 

C’est une blague ?
Pas d’inspiration, toi ?

Je te lis et te redécouvre
Chaque fois.

Tes mots tombent souples et effilés
Tes pensées s’enchevêtrent
Dans un labyrinthe mordoré.

Que n’ai-je hérité de la hardiesse de ton style
De la palette de tes idées
De ce brouhaha de paroles qui jaillissent en se multipliant

Ah, j’aime tes mots qui s’évertuent en phrases de construire
De si belles demeures

Tu vois, c’est contagieux
Le brouhaha m’a atteint en plein dans le  mille.
De cette blessure vivifiante
Des gouttes de mots ont déversé
La présente complainte.

Accorde-moi simplement un peu d’indulgence
Pour cette immaturité qui ne demande qu’à exploser

 

à une amie qui se reconnaitra !



20:44 Ecrit par Saravati dans Regards | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : inspiration |  Facebook

07.07.2010

Dans un seau

 

 

seau glace_DEF MG_6414

 

La planète
dans un seau
évacue toutes les tensions du monde.

L’univers se forme sous mes yeux.

Création d’une glaciation qui s’effrite
Les mers se diluent et les terres
s’étalent
ou disparaissent

Ce soir
Je suis le roi d’un monde
Qui n’appartient qu’à moi

03.07.2010

Bassesse

statue sur socle enfants def  IMG_2298 (

 

Sa bassesse était tellement haute
Elle n’arrêtait pas de se hisser au
Sommet du mât
Où ses mots sifflaient comme des gifles au vent

Tout était faux
en lui
Ses mots coupants
tombaient en rafale

Et pourtant
Je l’avais aimé
avant de savoir …
dans les volutes fumeuses
des premiers rires
dans les attentions
qui se dressaient, spontanées
comme les premiers bourgeons

Cette année-là
il n’y eu ni printemps
ni hiver
quelques brumes tardives enivrées
d’automne
Puis les giboulées versatiles
Pressées d’en finir au plus vite !

Et lui Maître du temps
tout enrobé
de sa bassesse en cours de mât
S’amusant de me voir souffrir
Comme un insecte qu’on écrase !

30.06.2010

Tu prendras bien un pot ?

 

verre nappe rouge def  image6089

Tu prendras bien un pot ?

C’est d’actualités
Parce qu’en ce moment
Je la remplis, ma déclaration d’impôts.

Je remplis des petites cases au hasard des caprices des chiffres.
J’aimerais mélanger des dés
Et construire des nombres
Que je pourrais déposer au hasard sur les feuilles austères.

Mais que d’ennui
Que cet exercice de citoyenneté servile !

Alors, je jette les dés dans l’égout
On se le prend, ce pot ?

Les petites cases, la nuit, quand je dormirai
Sortiront de leur cercueil
Et danseront comme dans Casse-noisette
Au gré des courbures
Des nuages
Le matin, je retrouverai les feuilles austères
Chiffonnées, piétrinées, gribouillées
Prêtes à l’envol vers le grand sceau !

27.06.2010

De la lune au vent

branches lune  def 11761

 

L'est belle, la lune, que dis-je, Dame la Lune.

L’est belle avec sa robe de velours bleue au col blanc de dentelles décalées, éclairée par son reflet de poisson d’argent.

Elle penche la tête vers l’autre boule, l’autre bleue, celle qui découpe sur son gros ventre en ballon, des sillons tourmentés.
Change de position bien souvent pour déjouer les pièges. Les pièges du sieur le Vent, celui qui ne se couche jamais, celui qui voudrait diriger les marées à sa place, les faire hautes ou basses suivant ses sautes moutonesques d’humeur.

Car sieur le Vent a ses humeurs et nul plus que lui n’est pro-fête en sa demeure.

Il rit sur les champs dorés et l’instant d’après les a dévastés et de vastes, c’est comme s’ils étaient devenus étroits, séparés par ce coiffeur colérique en grandes raies échevelantes, avec des épis fantaisistes et branlants.

Il veut en paraître à Dame la Lune, elle, constante, tranquille. Sauf les nuits où elle se remplit des vapeurs du ciel et fait chanter les loups. Gare aux loups, alors, à l’orée aussi, car de chasseurs, ils deviennent enchâssants.

Dame la Lune aime le chant des loups, le hurlement des chiens quand sa douce rondeur blanche exhale ses bouffées de chaleur mystérieuses.

Alors le monde tourne à l’envers, les enfants disputent, les jeunes filles s’apeurent, les hommes se retournent en vain sur leurs couches à la recherche d’un sommeil aléatoire.
Les fœtus se contorsionnent dans le placenta étriqué, cherchent la porte de sortie qui signifiera la fin de la paix fusionnelle.
Les familles aux abois se déchirent, les chiens aboient à émouvoir les cigales en hibernation.
Le cœur de la terre palpite prêt à s’ouvrir sur le magma bouillonnant.

Mais rien ou si peu ne se passe au seuil de la réalité du monde revu et corrigé par la lumière lunesque. Ce ne sont que soubresauts d’imagination torturée dans son rythme habituellement falot.

Dame la Lune, si pleine, si belle, si blanche et jaune, fait clignoter ses yeux fripons et peu à peu dilue ses contours pour rendre à la planète bleue sa pseudo-sérénité.

Dans les villes, pourtant, où grouillent les foules insomniaques, dans les masures où le moindre écart de paroles provoque des éboulis de confiance, rien n’a changé ou si peu. Le potentiomètre de l’intensité des émotions a simplement secoué davantage sa petite aiguille désordonnée.
Les souris, au son cadencé des proverbes, continuent à danser entre les doubles parois des murs opaques.

Sieur le Vent se demande encore quelle sera la tournure que prendra sa prochaine âme-humeur : calme plat, modérée, assez forte, impétueuse, tempétesque, ouragane, typhonnesque, moussonneuse …l’éventail du gris blanc au gris moire peut se décliner en mille plissures.

Tout est bon à envisager, à prendre quand on croit avoir la maîtrise de ses propres éléments.

(pardon pour le photo, que j'ai eu du mal à poster et qui apparaît ou disparaît selon les caprices lunaires ...je vais voir ce que je peux faire -rien sans doute - attendre - rester calme ...)

22.06.2010

Ricordi

ricordi IMG_DEF 1369

 

Je me souviens

Ces multiples moments

A penser à toi

A te parler

A t’aimer sans même le savoir

Une lueur bleue dans mon antre éclaircie

Et ton rire

En écho

Disparu …

 

16.06.2010

Mythomania

 

 

reflets lignes rouge beige_def 2 MG_4888

 

La circulation de l’information, la mise en exergue de faits-divers particuliers a développé l’imagination débridée des personnes ayant une tendance à la mythomanie.

Quoi de plus facile de s’identifier à des personnages témoins ou acteurs de grands événements ou de petits faits marquants de la vie quotidienne ?

Des inondations dans ma région : « J’ai passé toute la nuit à racler dans ma maison à cause de la pluie qui chassait  sous la porte »0
Un feu chez des voisins : « Ma mère qui perd parfois l’esprit s’est levée cette nuit, elle avait froid, elle a pris les papiers qui se trouvaient sur la table pour allumer un feu : c’étaient des factures à payer et les cours de ma fille… ».
« Je me trouvais dans la gare de Bologne juste à l’endroit où une bombe a éclaté un quart d’heure plus tard, j’étais sortie pour aller prendre un café quand j’ai entendu l’explosion »
« Dans l’aéroport de …où nous étions en transit, il y a eu alerte à la bombe, nous sommes restés en transit, on a passé la nuit dans les fauteuils soyeux du grand directeur de l’aéroport. »
« J’étais au Heysel quand la tribune s’est écroulée, mon père avait triché sur mon âge pour que je puisse faire partie des secouristes »
« J’ai eu un grave accident quand j’étais enfant, j’ai dû subir plusieurs chirurgies du visage. Au début les gens du village se moquaient de moi, au fur et à mesure des opérations, cela s’est amélioré et aujourd’hui, je n’ai plus aucune trace, à tel point que le chirurgien qui m’a opéré avait pris des photos de moi à chaque fois et les a publiées dans une revue médicale, je suis donc célèbre dans certains milieux. »
« Si je n’ai pas une bonne orthographe, c’est à cause d’un accident qui m’a rendu aphasique pendant plusieurs années, j’ai dû réapprendre à écrire et à parler, je n’ai jamais récupéré tout à fait. »

Chaque fait pris isolément a toutes les apparences de la réalité parfois avec quelques détails extravagants, certes, la vie l’est parfois, mais l’accumulation de toutes ces péripéties chez une même personne éveille un sentiment de suspicion. Au départ, on se dit, le pauvre, il n’a vraiment pas de chances, c’est toujours à lui qu’il arrive des choses bizarres. Et de jour en jour au fur et à mesure des contacts avec cette personne, de nouvelles histoires viennent se greffer, on commence à se poser des questions, on n’a aucun élément pour vérifier les dires.

Il y a , j’en suis sûr, une part de vérité dans chacun de ces faits, sans doute certains sont-ils réels dans les moindres détails, mais la personne qui les raconte s’identifie systématiquement aux personnes qui les ont vécus. Des erreurs de chronologie sont parfois corrigées avec une petite entourloupe, un interlocuteur peu attentif peut s’y laisser prendre.

Le degré de conscience du mythomane n’est pas nécessairement constant, il semble de bonne foi.
Il a tendance à minimiser les conséquences négatives de ses déboires (forcément s’il ne les a pas subis !), à se donner des excuses pour ne pas avoir respecté ses engagements (la malchance l’a bloqué)

Les belles promesses qu’il vous a faites en toute honnêteté, il ne pourra pas les tenir, elles appartiennent à une autre dimension de sa réalité, cette réalité qui pour lui change constamment de visage au fil des circonstances sans qu’il puisse agir sur son destin : la mythomanie gère sa vie, sélectionne pour lui l’essentiel immédiat et l’accessoire rejeté. Vous ne devez pas lui en vouloir, il n’a sous doute même pas conscience de ses contradictions.

Le mythomane n’est pas un vicieux, il essaie d’embellir les contours de sa vie ou de la rendre plus intéressante que ce soit dans le positif ou le négatif, il a l’immense besoin d’être reconnu comme quelqu’un d’exceptionnel à qui il arrive toutes sortes d’aventures.

Dans le monde qu’il se créé, il ose ce que la plupart des hommes aimeraient faire et être, alors que la pression sociale est forte et les cantonne dans une petite vie programmée et monotone.

Le mythomane est un rêveur qui vit son rêve, du moins dans sa tête !
Et chaque réveil n’est qu’un intermède entre deux rêves !

11:32 Ecrit par Saravati dans Regards | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note |  Facebook

11.06.2010

Virgules de boue

 

pré arbre rivière boue def  IMG_8473


Des virgules de boue
S’étaient accrochées au pare-brise.

Les champs noyés s’étendaient autour de nous.

Le soir commençait à tisser sa toile donnant aux ombres une consistance opaque.

Au milieu du silence, nous flirtions outrageusement.
Impassibles à la pluie, au vent, au froid
Enfermés dans nos rêves de sensualité effrénée.

07.06.2010

Chiens de cour

 

_reflet arbre flaque herbe def MG_7295

 

Dans la grande cour où ils s’abreuvent, les chiens se mirent dans les flaques argentées et grises.

Je ne les entends plus aboyer.

Comme s’ils s’étaient fondus dans l’eau, devenus silencieux par la magie nostalgique de l’oubli.

Je me souviens vaguement de leur souffle fané sur les visages des enfants et du raclement des caresses sur leur poil brillant et souple.

Leurs coussinets puissants ont laissé entre les pierres dispersées, des empreintes régulières sur la route poussiéreuse qui mène au bois.

Je ne reprendrai plus ce chemin qui m’est redevenu étranger.

Et ces chiens qui m’accompagnaient sans passion pendant ce bref séjour en campagne ne me manqueront pas.

 

02.06.2010

Sortie de sieste

tipi ouverture DEF_MG_2819

 

Au détour d’une sieste

malvenue

incongrue

Parasite

Retrouver au seuil des paupières

L’éclat du jour

L’espace tronqué de l’aurore

De ce sommeil déguisé

Extraire l’énergie cachée

Méthodes d’auto-conviction

Frottement des mains

Pressions sur les points

Sensibles

du visage

du corps

Dans son entièreté redéfinie

Evacuer le stress

Sans répit, sans haine

Un filet

Peu à peu

Sorties du brouillard

Les idées

Revêtues de nouveaux atours

Les voiles se déchirent

Nuit longue de quelques instants

Et le monde se recrée

Impassible

Serein

Inquiet

Energie, je te tiens

 

30.05.2010

Une casserole ...

casserole DEF IMG_2978

 

Je marchais d’un pas lent au milieu de la toundra.

Le vent de juillet avait gardé cette animosité des grands espaces du nord et n’avait cure des exigences mielleuses de l’été.

Les hommes avaient depuis longtemps déserté ces lieux arides et froids.

Seule une casserole, orpheline de manche, égarée entre cailloux pointus et lichens moelleux attestait d’un précédent passage.

27.05.2010

Voyage au bout du monde

 

Cap nord ciel-barrière DEF IMG_2963

 

Fallait-il aller si loin pour guérir ?
Pour déchirer à jamais cette image de toi qui me poursuit et me désole ?
Aussi loin que dans ce gouffre de nuages qui m’encerclaient ?

Pour oublier l’échec, la non-rencontre, le non-langage, la non-communication.

A trois heures du matin, dans la clarté du jour qui ne finit pas, les morceaux émiettés de ton visage se sont dissipés dans l’éther rose et gris, sur fond de filaments parcellaires d’azur, engloutis par le vent tumultueux du Cap Nord, l’extrémité du monde, l’un des confins mystérieux de la terre, le rêve inoubliable des explorateurs d’infini, le fantasme magique des épris de nature pure et dure, dans sa virginité originelle, la porte derrière l’orée de la civilisation de la pollution.

Au sommet de la tempête, mon cœur, sur ce plateau exposé à l’immensité du ciel, mon cœur s’est emballé, quelques secondes aux allures d’éternité, arrêté, douloureux, douleur stridente dans la poitrine, la peur d’avoir atteint mon terminus, de percevoir la vacuité de mon amour, le non-sens de mon existence.

Face à toi perdu, émietté. Moi, consciente de ce vide auquel tu m’as habituée.
Juste en ce moment de prostration sur le versant du monde…

Quand je redescendrai  sur terre, que restera-t-il de mon mirage ?

23.05.2010

L’oiseau bleu

oiseau bleu   DEF IMG_9259

Il se dressait sur les pics rouges, l’oiseau bleu.

Je me suis approchée.

J’étais devenue légère
presque invisible
dans cet environnement soudain magique
aux couleurs contrastées.

Il attendait sa belle
Et je suis restée tout près
légère et invisible
à l’attendre avec lui.

20.05.2010

Evasion

 

 

feuilles mauve cad def IMG_6672


Je t’ai souri
Virtuellement
Dès le premier mot
Il était habillé de rire
Recouvert d’une fine
pellicule de tendresse
J’ai regardé dehors
Le ciel, le bleu,
le vert, les fleurs
Puis j’ai fermé les yeux en soupirant …
Il n’y a pas d’évasion définitive !

10:08 Ecrit par Saravati dans Regards | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : sourire, evasion, virtuel |  Facebook

17.05.2010

Un banc, deux pieds

 

pieds enfant banc_rec Def MG_7688

 

 

Dansent les petits souliers gris perle
Sur le blanc délavé
Valsent les godets marron
Au rythme de la voix
Comptine d’enfant
Au bord de l’eau
Près de la mare
Au canard boiteux
Nasille en cadence
coin coin
qui accompagne
En dodelinant de la tête
La petite ballerine d’un jour.

 

 

Modeste clin d'oeil à Aléna !

14:33 Ecrit par Saravati dans Regards | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : danse, banc, ballerine |  Facebook

16.05.2010

Nouvel espace

D'autres délires ont atterri sur une nouvelle piste.

Je serais heureuse de vous retrouver, une résidence secondaire en quelque sorte !

http://saravati.blogspot.com/

 

15.05.2010

Rendez-vous en cascade (fin)

homme sur banc 2 red
Dans les journaux, il cherchait les faits-divers : avait-elle eu un accident, avait-elle été la victime d’un crime passionnel, elle qui collectionnait les amants comme on effeuille une marguerite ?

 

Il lisait des romans d’amour, il se projetait dans les personnages obstinés, il aimait La plage d’Ostende :  il aurait pu être cette fillette qui s’était battue pour son amour et qui avait tout estompé autour de lui ; mais chez lui, c’était elle l’enfant et elle n’aimait que son plaisir.

Et puis, il écrivait à la manière des Vagues, de longues conversations qu’il lui dédiait en l’imaginant enfin réceptive.

Les jeudis passaient, les feuilles étaient tombées, le givre avait recouvert les cadavres de plantes, la neige les avait dissimulés, les bourgeons étaient apparus, les boutons aussi, le banc gardait tout au long de ce fil du temps la chaleur qu’il lui transmettait chaque semaine pendant ces deux heures qu’il passait avec son souvenir.

 

Il n’avait pas eu envie de la revoir ailleurs, il n’avait plus fréquenté les endroits où il était presque sûr de la rencontrer.  C’était là, dans ce parc désoeuvré, à l’entrée du musée qu’il aurait voulu l’initier, à sa culture, à sa façon d’être, de penser, d’envisager l’avenir.

Les autres femmes qu’il avait connues, avec qui il avait vécu n’étaient plus rien, n’avaient jamais existé que dans un monde parallèle où il ne se retrouvait plus.

Elle, elle l’avait initié à l’inconstance, à l’indifférence moqueuse, à la versatilité.

Pour la rencontrer, elle qui n’existait plus que dans son imagination attisée par un souvenir pâlissant, il avait creusé autour de lui des fossés infranchissables, ne parlait plus, ne regardait plus autour de lui, ne rêvait plus qu’éveillé.

 

Par la fenêtre du musée, la belle conservatrice observait cet homme pétrifié chaque semaine durant deux heures et puis lentement sorti de sa léthargie en dépliant son grand corps ankylosé dans un rituel tout empreint de dignité.

Elle ne connaissait que la rondeur de son dos et de temps en temps, une esquisse de profil qui allait et partait aussitôt se remettre dans l’axe.

Elle s’était attachée à lui, distraite de son travail minutieux, essayait d’imaginer son histoire, la rendait chaque fois différente.

 

banc décoloré def 2  mg 7693 (
Puis un jour il ne vint plus à ces rendez-vous manqués à double échelle, elle sut qu’il était mort ou malade, elle savait à quel point il était fidèle au fantasme qu’il avait laissé fleurir et refleurir sur le banc décoloré.

Ce soir, le soir de la dernière station dans le parc, après la fermeture du musée, pour la première fois, elle alla s’asseoir sur le banc et les larmes aux yeux en l’entourant de ses bras, elle laissa libre court à son manque !

13.05.2010

Rendez-vous en cascade (1)

homme banc

 

Il lui avait fixé rendez-vous sur un banc derrière le musée des Beaux-Arts, elle avait ri, beaucoup, en disant qu’elle ne viendrait pas, que cette histoire était finie avant de commencer, que son amour était un poids qu’elle ne pouvait assumer, qu’elle était jeune et qu’elle voulait profiter de la vie, que les restaurants et les visites culturelles ne l’intéressaient pas, du moins, avait-elle ajouté, pas encore … qu’elle préférait l’ambiance chaude des discothèques où l’on ne s’entend pas parler, où l’on se colle à son partenaire et où l’on n’a pas d’autre ressort que de l’embrasser, qu’elle préférait aller voir un navet au cinéma en buvant du coca et en mangeant des pop-corn avec un voisin au physique plus avenant que les images qui passaient sur l’écran.

Et lui, énamouré, lui qui avait fait d’elle sa muse, continuait pourtant d’espérer qu’elle change, qu’elle grandisse, qu’elle mûrisse, qu’elle devienne une femme.
Il se contentait de la regarder, il savait que ses paroles ne pouvaient pas l’atteindre, mais il espérait que le temps serait son complice, qu’elle finirait par comprendre qu’il était différent de ces minets qu’elle collectionnait sans passion autre que celle du corps qui grince.

Alors il était venu à ce rendez-vous manqué d’avance, en espérant que son amour finirait par toucher la belle. Il penserait tellement à elle que sans s’en apercevoir, il guiderait ses pas vers lui.
Il s’était assis sur le banc et il avait attendu, longtemps, une heure voire deux, sans penser à rien d’autre qu’à l’éclat de son sourire éclairé par ses dents blanches et parfaites.

Il lui avait laissé un message : « Je t’attendrai tous les jeudis au même endroit à la même heure, jusqu’à ce que tu viennes … ».
Comme d’habitude, elle n’avait pas daigné répondre. D’ailleurs, elle perdait son portable aussi souvent qu’elle changeait de t-shirt, elle se disait que celui qui voulait la contacter devait être motivé.

Il était revenu chaque jeudi quelle que soit la rigueur du climat. Parfois, il prenait un bloc à croquis, parfois un journal, parfois un livre et il attendait justifiant la perte de temps par le fait d’avoir devant lui ces objets vides de sens.
Il la croquait de mémoire, toujours quand elle riait, il pensait qu’elle était encore plus belle quand elle riait de lui, que son rire venait du fond du cœur, elle qui disait ne pas en avoir, du moins, pas encore ; il élargissait ses fossettes, démaquillait ses yeux, lissait ses cheveux ébouriffés.
Il dessinait aussi ses mains qu’elle avait fort belles, des mains de pianistes, fines et longues, elle qui n’aimait que la techno, il les imaginait pleines des caresses qu’à un moment elle lui avait prodiguées, masseuse infatigable et dévoyée.

11.05.2010

Thé citron

crédit photo thecitron def

Crédit : Thé Citron


Je n’étais pas pressée, mais mon citron l’était !
Je l’aurais voulu bio
Pour l’enrober d’un zeste élégant
Mais que sait-on du traçage des citrons
Sans pesticides après la cuillette
Ah et avant  alors
Mystère !
Tout dans la tête, il suffit de s’imaginer qu’il n’a pas été (mal) traité

Lui dirais-je la vérité
Moi qui lui ai promis
De manger et boire sainement
D’arrêter l’alcool et la cigarette
Et les petites poudres blanches
Qui colorent les illusions

Me conformer aux us d’ici
Et faire du thé citron ma boisson adulée
Du thé, mais
pas du chinois
qui n’en sont pas à une once de pesticides près
Ils sont si nombreux

Que lui écrirai-je
À force de boire du thé citron moi qui ne l’aimais pas
Ni le thé ni le citron
Alors moins plus moins en algèbre ça donne plus
Donc : thé + citron  = +
Mais citron vert (ma couleur préférée moi qui honnis le jaune)
Acide
Sans ajout
Pour conjurer mon estomac capricieux à se couper
De son addiction pour le doucereux

Mon estomac feint la soumission,
Il se fait oublier
Boire beaucoup de thé citron
Et manger léger
Ça durera sans doute peu de temps, mon estomac est mon
baromètre incontournable  d’instabilité

A moins que ce régime de terrasse ensoleillée, presque qu’à l’ombre des citronniers
M’apporte un réconfort auquel je ne croyais plus

Oui, il est loin, je lui envoie les senteurs de mon thé citronné
Quand il me reverra, il ne me reconnaîtra pas
Mes dents blanches et mon parfum aux agrumes le surprendront
Comme m’a surpris son besoin de m’éloigner de lui

L’encre du stylo a séché au soleil
Ma lettre pas encore commencée est restée en rade
Entre deux thés devenus tièdes
Reste la solution de l’encre sympathique
J’ai tous les ingrédients à portée de la main …


En visite chez Colombine

j'ai découvert ce petit exercice d'écriture proposé par le blog à mille mains.

A partir d'une jolie photo proposée, libre cours à l'imagination ...

Ceci est ma première participation. Avis aux amateurs !

10.05.2010

Rallye

bébé dans le pré_def -8057

 

Dimanche frisquet de mai

Promesses bâclées d’un réchauffement planétaire imparable.

Petit bonhomme

Le cul noyé dans la verdure

N’a que faire du vrombrissement des moteurs forcés.

Petit bonhomme

Ne s’intéresse pas au va et vient constant de ces

Adultes bariolés

Ne regarde rien d’autre que le

Mouvement des fétus d’herbe

Fouettés par le vent.

Petit bonhomme pourrait, un instant

Parodier

Un saint François d’Assise de poche

Et accueillir dans sa menotte humide

Quelque oiseau enchanté.

 

 

 

 

 

14:08 Ecrit par Saravati dans Regards | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : enfant, oiseau |  Facebook

08.05.2010

Nuit turquoise

Nuit turquoise 2 def MG_3556

 

C’était la nuit turquoise.
La nuit nordique.
Celle qui ne tombe jamais tout à fait,
qui effiloche
ses longues trainées assombries dans le ciel pour juste
après leur donner le coup de fouet qui ravive.
J’aurais pu rouler toute la nuit dans ce temps recomposé.
Dans cette lumière vivifiante.
Et je rêvais déjà de revenir
ici chaque été pour retrouver cet élan
vital qui me transportait dans les
nuages.

04.05.2010

Ephémère nouveauté

 

lumières multiples def  IMG_4106

 

Combien de temps dure la nouveauté dans une relation ?
Le temps de quelques clins d’œil
De quelques paroles
De quelques baisers
De quelques sensations
Le temps que se file le diapason
Membrane fragile et réflexive
A l’affût du moindre écart.

Le temps des rires, des sourires enchanteurs, des tremblements naïfs
Ne dure que le temps du début d’un conte.

On pose le décor, chacun dans son royaume
Pour découvrir une intersection, un no mans land confortable.

On construit les piliers, avance les pions sur le grand échiquier aveugle de la vie.

Déjà se pointe le premier nuage enrobé d’un soupçon de malentendu
Suivi de près par un nimbostratus qui vaporise quelques paroles perfides.

Pour beaucoup, ça s’arrête là.
Pour d’autres, on s’accroche à se griffer les mains aux barbelés des pointes d’humeur.
Mais ce sursis : pour combien de temps ?

Il est des exceptions mais on n’en parle pas :
Elles se cachent quelque part au milieu du maquis de la bonne fortune
Elles se cachent pour pas qu’on les envie, qu’on les convoite et qu’on les empoisonne !

29.04.2010

Encore

des problèmes de visibilité ?

Peut-être que la poche était trouée et que le trésor dedans a disparu !

 

vitre lignes_2 def im4839

Ce post purement fonctionnel ayant fait l'objet de commentaires que je ne veux pas effacer, je vais l'étoffer par une photo - trouble, du moins pas si claire ! D'autant plus trouble que j'y apparais aussi en train d'essayer de donner un sens à ces lignes disparates sur la vitre.

Faudra-t-il passer mon temps à demander à mes honorés lecteurs si je suis  visible ou pas ? Ou rendre mon tablier à Skynet ? Emigrer ou fermer la porte ?

Un trésor dans la poche

Passerelle lampes_def MG_6118

Dans ce big bazar

Il avait feuilleté des livres

Acheté un livre

L’avait mis dans la poche de sa veste

Verte

 

Il achetait des livres aux

Dimensions de ses poches.

 

 
Je l’ai suivi

Il parlait beaucoup

De tout

De rien

Pour moi de tout

Pour lui de rien

 

Je n’entendais pas ses paroles

Que sa voix

Soudain devenue familière

 

Il s’est arrêté au pied d’un lampadaire

Qui tenait lieu de perchoir

Sur la petite place aux pigeons

Grassouillets

 

Il a souri

Et tel un magicien

A sorti un livre de sa poche

Un livre vert comme sa veste

Me l’a donné

 

Ce livre était différent

Il portait sur son dos

Son nom en lettres vertes

Lui l’avait emporté

Pour l’offrir

A une rencontre fortuite

Qui était devenue moi

 

Je l’ai remercié

Et je suis partie

Dans ma tête

En jouant à la marelle

Pour savoir si

J’étais prête

A atteindre

Le paradis.