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24.01.2012

Ego

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J’ai heurté la poussière
Et respiré les pas
Pas sages
Pas clairs
Démesurement imbus
De leur propriétaire
Lui-même imbu de son égo et…
norme

Que peut-on attendre d’un ego qui n’est pas soie ?
Pas grand-chose
Ou juste rien
Qu’il apprécie les caresses de la découverte
les moirures sonores
Et puis pfff

Les égos sont des écueils
Leur rencontre peut provoquer des cataclysmes …

12:19 Écrit par Saravati | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : égo, cataclysme

17.01.2012

Cœur de persienne

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Débité en longues lamelles éparses
Ton cœur de persienne
Bat contre la vitre
Contre le mur
Contre la vie

Il ne chante plus
Plus qu’une longue plainte
Que harcèle la nuit

Survivra-t-il jusqu’à l’aube
Quand la tempête aura
Tant emporté
Détruit le calme apparent
Façonné la terre
en sillons de pleurs ?

11:42 Écrit par Saravati | Commentaires (11) | Envoyer cette note

13.01.2012

Promesses

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Les promesses qu’on n'a pas faites

Ou alors du bout des lèvres

Ou alors à demi-mots

Découvertes dans un sourire évasif

Coupées par des fragments de réalités parallèles

 

Continuent de vivre

Au-delà

Quand l’approche s’est éloignée

Quand le fil a cessé d’exister

 

Ces promesses

Les plus belles

Les plus désirables

Parlent

D’utopies

De voyages intersidéraux

 

Elles conversent seules

Détachées de ceux qui les ont créées

Dans un moment d’euphorie

Partagée.


19:00 Écrit par Saravati | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : promesses, approche

09.01.2012

Soir d'hiver

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Ambiance des avant-fêtes
Ils passaient par là
Presque la nuit
Dans la grande ville

Tumulte des pas
Sur les trottoirs cirés
Elle accrochée à lui
Casque contre casque
Cuir contre cuir
Voix perdues dans les pétarades
Ils roulent sans but précis
Simplement être ensemble
Voitures pas pressées
Circulation fluide

Soudain le choc
Valse lourde
Dans les airs
Chute vertigineuse
Et cette barre là
Derrière la tête

Un grand cri
Écrase les rires

Lui
Glisser dans le néant
La barre à son chevet
Elle
Plus loin
Décrochée à jamais

Le bruit des sirènes
Les visages transparents
Les longs couloirs blancs
La ventelle qui clignote
Longtemps puis s’éteint

Leur dernier réveillon
Leur premier aussi
Liste de promesses
Leurs dix-sept ans dix neuf ans
mélangés
définitivement figés

Même pas le temps
D’un dernier regard
D’un dernier baiser

Quelle connerie la vie !


09:58 Écrit par Saravati | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : fêtes, accident

03.01.2012

Glisse ta main

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Ta main glisse

Sur le papier jauni

Retrouve les réflexes archaiques

À l’époque où le crayon menait ta route

Émaillait les détails

Ombrait les paupières lourdes

Détaillait les courbes inégales

Et les sommets tortueux

Les veines discrètes

Et le cœur impavide

 

Ta main-caresse

Qui s’arrêtait à l’angle

De mon oreille

Palpait l’étoffe de ma taille

Puis m’éloignait

Pour mieux m’évaluer

 

Ta main-détresse

Qui repoussait la pluie

Déversait de longues plaintes

Ballet des doigts

Sur la partition incomplète

 

Dans mes rêves les plus fous

C’est toujours ta main que je vois en premier.



 

23:33 Écrit par Saravati | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : main, partition

28.12.2011

Restes

 

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Ce qu’il reste de nous confiné dans un écrin aux formes vaguement ovales

Ce qui reste de nous dans le doré d’après l’été aux confins de l’automne

Ces follicules éparpillés

Rassemblés sur le marbre

Ces membrures presque vertes qui virent au soleil d’octobre

 

Une harmonie douce et légère

Pas prête à oublier

Pas encore

Reste toujours présent dans mes spires. 

 

11:32 Écrit par Saravati | Commentaires (14) | Envoyer cette note

23.12.2011

En attendant le Père Noël

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Il a encore oublié sa secrétaire au bureau, quel distrait !

Elle se morfond sur sa chaise en acier galvanisé !

J'espère qu'il n'oubliera pas de vous souhaiter de bonnes fêtes !

22:22 Écrit par Saravati | Commentaires (9) | Envoyer cette note

20.12.2011

Fenêtre sur toit

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Après des jours et des nuits

À guetter sur les murs

Des tracées humides

Après avoir aligné

Les réceptacles de vent et de pluie

Après avoir craint l’orage et ses fureurs

Les tempêtes et leurs ardeurs

Et tous les caprices imprévisibles du climat

 

Après avoir survolé les toits

À la recherche des fissures de l’âme

Après avoir longé le chemin ascendant des tuiles

Après avoir fouillé dans les recoins des greniers

Quelque ouverture pernicieuse

 

J’attendais ce soir, j’attendais l’averse

Pour estimer si la cicatrice s’était enfin cautérisée

 

L’homme-miracle avait étendu les bras

Et j’avais repris espoir

Les gravats ne tomberaient plus du ciel

Je pourrais partir

Sans craindre

L’imminence d’un déluge.

 

13:16 Écrit par Saravati | Commentaires (10) | Envoyer cette note

18.12.2011

Au revoir Cesaria

 

 

J’ai eu la chance de la voir en concert au Cirque royal à Bruxelles.

Ses musiciens jouaient un long morceau en attendant son entrée en scène.

Quand elle arriva, toute la foule se leva et l’acclama, il y avait dans la salle une énergie et une émotion difficiles à expliquer.

Toute en retenue, elle chanta presque sans bouger, si différente de ces chanteurs qui ne cessent de s’agiter.

Dans sa voix les parfums du Sud nous enveloppaient.

Une grande dame généreuse qui avait pris sa « revanche » depuis ses débuts cachés, lorqu'elle chantait derrière un rideau car son physique ne correspondait pas aux standards … Son public huppé n'avait pas compris que la véritable beauté est universelle !

 

15.12.2011

Cruelle fidélité

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Elle avait le teint citron de son tailleur bien coupé qui enrobait une silhouette généreuse.

Et des lunettes papillon assorties derrière lesquelles pétillaient ses yeux marron.

Elle parlait beaucoup débordant d’un accent fransquillon et enthousiaste.

Ma silhouette longue et mince et la sienne petite et ronde formaient un couple à la Laurel et Hardy.

Peut-être nous étions-nous reconnues, c’était la première fois que je la voyais et on se parlait comme des larrons en foire.

En quelques minutes, elle m’avait raconté le film de sa vie, ses joies et ses déboires, ses revirements de carrière, cet homme qu’elle aimait encore sans le dire et qui l’avait échangée contre une jeunette.

Il n’y avait pas l’ombre d’une amertume dans sa voix, ce qui avait été beau dans son histoire était resté beau pour elle,-même si la tempête du démon de midi avait emporté ce bonheur confortable.

Mais son esprit était trop sain pour que son corps puisse tout supporter, elle avait attrapé un cancer du sein comme un déni de la féminité qu’il ne lui reconnaissait plus. Alors pour conjurer ce mauvais sort, elle avait ouvert un magasin de lingerie féminine.

Elle avait réponse à tout devant les taquineries de l’existence

J’éprouvais pour cette femme et son courage une sympathie immédiate et lui proposais mon aide pour quelque tracasserie administrative ; pour le reste, je prenais acte de ses sentiments sans prendre position, ce n’est d’ailleurs pas ce qu’elle attendait de moi.

Pour me remercier, elle m’offrit une aquarelle d’iris mauves qu’elle avait peinte à mon attention.

Puis le mari volage ou tourmenté ou les deux revint et je la perdis de vue hormis quelques coups de fil où elle m’expliquait qu’il lui avait demandé de le conduire voir son dernier bébé, celui d’avec l’autre femme qui avait compris que la différence d’âge n’était pas quelque chose d’inoubliable dans le temps.

Même dans ces moments là, elle l’aimait encore.

J’ai appris il ya peu par une connaissance commune qu’elle était morte d’une récidive, le corps, une fois de plus s’était révolté contre un esprit trop malléable.

Je n’oublierai jamais ce jour d’hiver où elle invita toute à famille à passer la soirée chez elle, féérie de Noël, un sapin blanc et ces bougies qui délimitaient l’escalier majestueux qui menait à l’appartement de maître où une fenêtre étoilée surplombait la cheminée de marbre . Je n’oublierai pas les murmures d’admiration de mes enfants devant ce magnifique décor de théâtre, ni leur ravissement devant les petits fours délicieux et ravissants déposés avec grâce parmi la dentelle de la table en fer forgé.

Accrochés au mur de mon salon, seuls désormais ses iris figés continuent à me parler d’elle. 

09:43 Écrit par Saravati dans Dérives fictionnelles | Commentaires (11) | Envoyer cette note